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Groupe DCI de l’ADF
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Laurent BOURGUIGNAT
Conseiller du 1er vice-Président

Mardi 27 mars 2007
Le plan « solidarité Grand âge » présenté en Juin dernier par Philippe Bas prévoyait une mission d’étude sur l’avenir du financement solidaire de la dépendance. Celle-ci a été confiée à Hélène Gisserot (notre photo), Procureur général de la Cour des Comptes jusqu’en 2005, qui vient de rendre publiques ses conclusions.
 
Son rapport rappelle d’abord que le nombre de personnes âgées dépendantes va augmenter en moyenne de 1% par an jusqu’en 2040 avec des accélérations en 2005, compte tenu de l’arrivée aux grands âges de la génération née dans les années 20, et en 2030, en raison du «  papy boom ».
 
Pour faire face à cette révolution démographique, dans un contexte d’incertitude liée à l’épidémiologie des démences et à l’évolution de la politique de l’emploi (les dépenses en personnel représentent 85% des coûts), le rapport propose trois scénarios.
 
Le premier se refuse à une augmentation des prélèvements obligatoires. Il propose un meilleur ciblage de l’APA et le développement de l’assurance dépendance individuelle. Le deuxième vise à une hausse des financements dans le seul but de répondre à l’augmentation du nombre de personnes dépendantes. Le troisième scénario absorbe cette augmentation mais vise aussi à améliorer la prise en charge. Le rapport lance des pistes pour financer les charges supplémentaires : harmonisation des taux de CSG, prélèvement sur le revenu des retraités et/ou impôt assis sur le patrimoine.
 
Hélène Gisserot souhaite que le Conseil général soit reconnu comme compétent pour la gestion des différentes formes de dépendance. Certaines missions d’actions sociales exercées aujourd’hui par les caisses d’assurance vieillesse lui seraient dévolues. Son autorité sur les Maisons départementales des personnes handicapées serait réaffirmée.
 
Le rôle d’opérateur pivot de la CNSA serait conforté au point que des compétences réglementaires lui seraient confiées sous réserve d’une réforme de son fonctionnement interne.
 
Le Ministre délégué aux personnes âgées, Philippe Bas, a immédiatement réagi à la publication du rapport Gisserot.
 
Rejetant la proposition socialiste d’une hausse de la CSG qui « casserait la croissance en diminuant le revenu disponible des Français », il propose de « construire une cinquième branche de la protection sociale » qui reposerait sur l’actuelle CNSA.
 
L’APA serait transformée en une prestation de compensation de la dépendance des personnes âgées pour se rapprocher de la prestation de compensation du handicap. La nouvelle allocation couvrirait notamment les aménagements de logement et les aides techniques.
 
Le Ministre souhaite d’ailleurs revenir à un financement paritaire de l’APA par la CNSA, et les Conseils généraux. Le principe serait inscrit dans la loi.
 
Philippe Bas veut aussi diminuer le reste à charge dû par les personnes hébergées et leurs familles. L’objectif serait de parvenir à une baisse de 25%.
 
Pour financer la montée en charge de la dépendance, il propose de poursuivre la réforme de l’Etat et la maîtrise des dépenses d’assurance maladie. Il veut permettre aux personnes âgées dépendantes d’entamer leur patrimoine en développant le viager hypothécaire et la mobilisation de l’assurance vie. Enfin, il prône le développement d’une couverture complémentaire par les mutuelles et les assureurs privés.
 
Le Rapport Gisserot comme l’intervention de Philippe Bas revêtent une importance particulière. Ils apparaissent comme un beau legs au prochain Gouvernement qui pourra entreprendre sans attendre le vaste chantier de la 5ème branche.
 
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Lundi 19 mars 2007
Le Conseil général des Hauts-de-Seine a décidé la création de l'école Edelweiss, structure innovante et unique en France permettant d'accueillir des enfants et adolescents polyhandicapés ou porteurs de handicaps lourds âgés de 3 à 18 ans.

Il s'agit pour le Département de développer des solutions de prise en charge pour les jeunes qui ne peuvent être scolarisés dans les classes d'intégration scolaire (CLIS) ou en unités pédagogiques d'intégration (UPI).
 
L'école Edelweiss mêle à la fois la pédagogie, l'éducation et les soins afin d'aider les élèves à construire les adultes qu'ils seront demain et à développer leur autonomie.
 
D’une superficie de 3 300 m2, construit en respectant les normes de haute qualité environnementale (HQE), le bâtiment pourra accueillir 45 enfants polyhandicapés et/ou atteints de troubles envahissants du développement (TED), avec une possibilité d'extension à 90 enfants.

Situé à proximité du groupe scolaire « les Vallées » à La Garenne-Colombes, la mitoyenneté avec une école maternelle, une école primaire et le collège permettra des échanges avec les enfants et adolescents valides. A Londres, l'expérience menée dans l'école « Swiss Cottage School », l'équivalent anglais de l'école Edelweiss, a démontré des résultats probants.

Le Conseil général prendra en charge la construction et l'entretien du bâtiment. Les 48 postes médico-sociaux du personnel et le prix de journée seront financés par l’assurance maladie. Les 6 postes enseignants seront pris en charge par l'Education Nationale.
 
Pour le Département de Nicolas Sarkozy, il s’agit d'un nouveau grand pas pour une meilleure scolarisation des élèves handicapés.
 
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Mercredi 7 mars 2007
Philippe Bas a annoncé la possibilité pour les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées de bénéficier de la TVA à 5.5% sur leurs travaux de rénovation. En outre, ils pourront obtenir un prêt locatif social leur permettant de bénéficier d’une exonération de taxe foncière d’une durée de 25 ans.  Cette mesure devrait contribuer à offrir de meilleures conditions de vie aux résidents et, compte tenu des économies réalisées par les établissements, à diminuer le prix de journée.
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Lundi 5 mars 2007
L’après-midi du colloque « la loi, le handicap et le département » portait sur le financement durable de la dépendance. Cette question est en effet rendue inéluctable par l’arrivée de la génération « baby boom » à l’âge de la retraite.
 
Patrick Juvin, vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, a plaidé pour la reconnaissance d’un cinquième risque qui serait bâti à partir de l’actuelle Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie : « Il ne faut surtout pas tomber dans une assurance dépendance qui remplacerait l’assurance maladie à partir d’un certain âge. La branche nouvelle, c’est la CNSA. Il faut lui donner des moyens de fonctionner. »
 
Didier Tabuteau, responsable de la chaire « santé » à Sciences-Po, a énuméré les tendances actuelles dans la prise en charge du risque social : développement de l’approche individuelle, évaluation des besoins de la personne, reconnaissance du risque lié à la perte d’autonomie, décentralisation de la gestion des aides, recours au guichet unique... Dans ces logiques nouvelles, il estime que le dispositif mis en place par la loi du 11 février 2005 est à la fois le plus clair et le plus abouti.
 
Stéphane Lebouler, chargé de mission au centre d’analyse stratégique, a listé les questions auxquelles répondre à propos du financement de la dépendance. D’abord, il a rappelé le développement de l’assurance dépendance privée, plus important en France que dans les autres pays d’Europe. Il a aussi insisté sur le fait que le maintien à domicile de qualité n’est pas, selon lui, plus économe que le placement en établissement. Ensuite, il rappelle les besoins criants en personnel (500 000 emplois d’ici 20 ans) : « Si les départements ne parviennent pas à recruter, il ne sert finalement à rien qu’ils aient les moyens suffisants pour le faire ».
 
En conclusion, les différents experts présents ont invité les départements à situer leur réflexion sur le financement de la dépendance dans le cadre d’un débat plus large sur le financement de la politique de protection sociale, en particulier de l’assurance maladie et de l’assurance vieillesse.
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Vendredi 2 mars 2007
Le colloque « la loi, le handicap et le département » organisé par l’ADF s’est tenu ce vendredi à la Maison de la Chimie devant 300 personnes parmi lesquelles les Présidents Jean-Pierre Vial (Savoie), Jean-Pierre Dupont (Corrèze) et René-Paul Savary (Marne).
 
La matinée était consacrée au premier bilan des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Le Sénateur Jean-Pierre Vial a ouvert la discussion en expliquant que les Maisons ne jouent pas encore pleinement leur mission de guichet unique pour l’accueil et l’orientation des personnes handicapées : « Le parcours du combattant n’a pas encore cessé parce que la réforme n’est pas encore assimilée par l’ensemble des partenaires ». Un constat partagé par Didier Hamel, Directeur de la MDPH des Ardennes, qui a insisté sur la dynamique très positive impulsée par les Conseils généraux, qui tranche avec l’engagement timoré des CAF et des CPAM.
 
Plusieurs acteurs ont évoqué les difficultés liées aux règles de mise à disposition des personnels des MDPH. « La possibilité de retour dans les services de l’Etat » est un frein explique Didier Hamel. « Il faut aller vers la stabilisation et le renforcement de nos équipes » confirme Jean-Pierre Vial. Le Directeur général de l’action sociale, Jean-Jacques Tregoat, a reconnu ce problème tout en rappelant l’effort considérable accompli par l’Etat pour accompagner la mise en place des MPDH (70 millions d’euros en 2006).
 
La question des relations entre les Conseils généraux et la CNSA a été largement abordée. Ainsi, certains acteurs départementaux n’ont pas hésité à accuser la Caisse de « harcèlement ». Bernadette Moreau, responsable du département « compensation » de la CNSA, a reconnu que « la communication peut encore être améliorée ». Alain Cordier, Président du Conseil de la CNSA, a rappelé que la mission de la Caisse se limite à l’accompagnement.
 
La deuxième table-ronde de la matinée invitait les participants à se projeter dans l’avenir pour dégager les pistes d’une réussite durable du nouveau dispositif.
 
Pour les uns, celle-ci passe par une participation accrue des associations au pilotage des MDPH, parce que « la représentation n’est pas la participation ». Pour d’autres, l’enjeu majeur est celui de la proximité avec un objectif de territorialisation des services de la MDPH. 
 
Pour sa part, la Présidente de l’APF, Marie-Sophie Dessaule, souhaite d’abord que toutes les missions des MDPH prévues par la loi soient mises effectivement en place. Elle a cité les exemples de la médiation en cas de désaccord de la personne handicapée et des équipes pluridisciplinaires et de l’intégration des jeunes handicapés à l’école.
 
De son côté, Alain Cordier a insisté sur la mesure de la qualité du service rendu : « Il faut que nous ayons un haut degré d’adaptation afin de satisfaire de façon optimale les besoins de la personne handicapée.»
 
Le Délégué interministériel aux personnes handicapées, Patrick Gohet, a souligné le chemin parcouru en peu de temps sans occulter les inévitables soucis de mise en place : « On ne peut pas demander aux départements de réussir en quatre mois une réforme qui a été conçue en quatre ans. ». Il a mis en garde : « La réforme ne doit pas connaître de pause ou de remise en cause. Ce serait préjudiciable au citoyen handicapé. »
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